Sortie : 1978

Pressage : Hexagone, France, 1978 (Discogs)

J’ai longtemps négligé la musique de Dan Ar Bras, tout comme celle d’Alan Stivell d’ailleurs, pour des raisons un peu floues, des préjugés peut-être. Alors que j’affectionne énormément la musique celtique, je dois avouer que ces artistes ont longtemps été pour moi les représentants du penchant commercial de ce style.

C’est avec le premier album de Dan Ar Bras, le magnifique Douar Nevez, que mon opinion a évolué, je me suis ensuite vite pris de passion par la musique de l’artiste breton et plus spécialement par ses premiers disques jusqu’en 1988.

Allez Dire A La Ville est un album superbe, un mélange des genres très réussi, avec comme base à l’ensemble, la musique celtique évidemment. En ce sens, on peut parler je pense de démarche progressive. Entre le rock du titre éponyme d’ouverture, suivi de la « Suite Ecossaise » on ne peut plus explicite dans son titre, la ballade au piano somptueuse qu’est « L’Amour Kerne », l’instrumental fusion « Les Oiseaux Et Les Electrons De Brenilis » et cette basse bouillante de Guy Delacroix (oui oui le Guy Delacroix du Attahk de Magma !) ou encore la sublime « Toi, Fils De Roi, Fils De Rien » (avec à la basse, encore un ancien Kobaïen, Francis Moze), Dan Ar Bras nous offre un voyage musical varié, poétique et d’une beauté rare, et tout ceci sur la face A !

La face B ne déçoit pas non plus. La cornemuse retentit pour une ballade celtique typique avec « Farewell Bob Brown », s’en suit le rock groovy de « Requiem Pour Le Jet » puis « Les Saisons », titre folk chargé en nostalgie qui révèle un peu plus la beauté de la voix de Dan Ar Bras, chaleureuse et profonde (Douar Nevez, son premier album, était instrumental). Sur l’instrumental « L’Amour, Le Nucléaire Et Le Crépuscule », la guitare dialogue avec les claviers d’un certain Benoît Widemann (… également un ancien d’un certain groupe de Zeuhl, oui encore…) et enfin l’album se termine sur les arpèges délicats de « Plainte De Yann Vari Perrot ».

Allez Dire A La Ville est le digne successeur, même si quelque peu différent, de Douar Nevez, mêlant rock, folk et musique celtique avec talent. Dan Ar Bras réussit à adapter de façon somptueuse les textes magnifiques du poète breton Xavier Grall, évoquant nostalgie, mélancolie, amour de la nature mais aussi révolte et rage. Vraiment un très bel album !

Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas
dans mes racines je demeure
Allez dire à la ville qu’à Raguénuès et Kersidan
la mer conteste la rive