Sortie : 1975

Pressage : Virgin, France, 1975 (Discogs)

Si je possédais déjà quelques vinyles depuis pas mal de temps, du Marillion, du Pink Floyd, du King Crimson ou du Mike Oldfield par exemple, je crois bien que c’est à partir de cet album d’Edgar Froese que je me suis véritablement intéressé au vinyle et d’ailleurs, dans le même temps, à la musique électronique allemande, il a quelques années de ça.

Pourquoi cet album en vinyle? Tout simplement parce qu’à l’époque et sûrement par hasard, je ne le trouvais tout simplement pas en CD à prix raisonnable. D’autant plus que l’album a été remixé en 2004, réédité avec une nouvelle pochette toute laide, bref le cauchemar. Le risque de le commander et de recevoir cette énorme faute de goût m’a fait opter pour la sécurité du vinyle, en l’occurence un pressage français 70’s (ici un lien intéressant sur les différentes version de la pochette). Pas des plus évidents à trouver non plus du reste, autant les albums de Tangerine Dream sont assez courants (du moins la période Virgin) que ce soit en magasin, en ligne ou en vide-greniers, même chose dans une moindre mesure pour Klaus Schulze, on tombe assez régulièrement sur Timewind ou Moondawn, mais concernant Edgar Froese en général et Epsilon In Malaysian Pale en particulier, c’est une autre histoire… Mais quoi de plus exaltant que de se mettre en quête d’un vinyle précis, d’une édition en particulier et faire preuve de patience (ou de chance!) afin d’acquérir l’album dans sa forme originale, non dénuée de défauts mais tellement plus belle d’un point de vue sonore mais aussi visuel.

Musicalement, c’est sublime. Peut-être une façon intéressante, plus accessible, de découvrir la sphère Tangerine Dream pour quelqu’un qui ne connaît pas le groupe ou même le genre. C’est un album que je mets toujours en parallèle avec la bande originale du Convoi de la Peur, Sorcerer de Tangerine Dream. Je trouve l’ambiance très similaire, l’impression inquiétante de s’enfoncer dans une forêt hostile, étouffante où la nature est reine et d’embarquer dans un voyage sans retour.

A noter pour les amateurs, l’abondance de Mellotron sur Epsilon In Malaysian Pale, similitude évidente et logique avec Tangerine Dream période Virgin. Cet instrument unique donne tout son charme à cette musique, renforçant les moments planants et oniriques grâce aux sons des cordes ou des flûtes et accentuant les passages inquiétants voire sinistres par le son des cuivres notamment (la tape « brass », un de ces fameux sons du Mellotron cher également à Tony Banks…).

Pour résumer, j’emporte sans hésiter cet album sur une île déserte aux côtés de mes préférés de Tangerine Dream et Klaus Schulze.