Sortie : 1977

Pressage : Brain, Allemagne, 1977

1977… A une époque où le rock progressif commence à déranger et se voit peu à peu remplacer par des musiques plus directes et accessibles, Grobschnitt sort son quatrième album, un chef d’oeuvre, n’ayons pas peur des mots, de rock progressif symphonique dans la plus pure tradition des classiques britanniques du genre.

La face A composée de deux titres, « Ernie’s Reise » et « Severity Town » est absolument sublime alternant entre les passages intimes, les escapades instrumentales et les envolées symphoniques, rappelant tour à tour Yes bien évidemment mais aussi Camel ou encore Greenslade. Ah ce final de « Severity Town » et ses nappes de Mellotron…

La face B est du même calibre avec un titre acoustique magnifique « Anywhere » (là encore, comment résister au Mellotron…) mais surtout l’épique « Rockpommel’s Land » et ses 21 minutes de montagnes russes musicales absolument jouissives.

Le problème de cet album, et peut-être même de Grobschnitt en général, c’est qu’il soit estampillé Krautrock, étiquette fourre-tout assez stupide et prêtant à confusion qui désignait à l’époque le rock progressif au sens large venue d’Allemagne. Concrètement, le Krautrock fait plutôt référence à mon sens à des groupes plus expérimentaux comme Can, Neu! ou encore Faust, aussi les amateurs de ces formations, par ailleurs excellentes, seront déçus s’ils s’attendent à trouver le même genre d’univers chez Grobschnitt et Rockpommel’s Land en particulier.

Si je suis absolument fan de leur premier album éponyme sorti en 1972, plus rock et plus direct que les suivants tout en étant également très aventureux, Rockpommel’s Land reste un de mes albums préférés du groupe. On peut lui reprocher une histoire un peu trop orientée conte pour enfants et certains passages un peu trop… cheesy (culcul quoi), il n’en reste pas moins un très grand album de rock progressif symphonique, inspiré et magnifiquement exécuté (tous les musiciens sont excellents et livrent une interprétation riche et d’une subtilité rare mais comme chez leurs confrères Eloy, le batteur particulièrement, Eroc de son surnom, fait très forte impression !!)

Mention spéciale à la sublime pochette signée, c’est à s’y méprendre, non pas Roger Dean mais Heinz Dofflein.