Sortie : 2016

Pressage : Turquie, Rainbow 45 Records (Discogs)

Un album fantastique! J’avais beaucoup apprécié leurs deux précédents albums, notamment Ritual, mais ce troisième album me parle encore plus! Trouvé par hasard chez un disquaire londonien, et contrairement à mes habitudes, je me suis laissé tenter par le vinyle (je n’achète que très peu de vinyles modernes n’y voyant pas ou peu d’intérêt audio) ne trouvant de toute façon pas l’édition CD. Il faut dire que l’artwork mérite bien ce superbe gatefold!

Musicalement, je trouve que Nemrud réussit à la perfection là où beaucoup échoue à savoir proposer une musique résolument inspirée par les années 70 mais avec ce petit je-ne-sais-quoi de moderne dans l’écriture. Si le groupe a enregistré l’album en mode analogique, à l’ancienne, et que les sonorités sont globalement plutôt vintage, la production quant à elle est assez moderne, le son est clair voire cristallin (les guitares acoustiques!), tout en restant naturel et dynamique. Je trouve le résultat d’ailleurs assez unique et plutôt réussi même si l’on est moins dans le travail de reconstitution sonore vintage de Wobbler du coup.

Chaque titre est vraiment de toute beauté, le ton est mélancolique, et parfois vraiment poignant. On est assez loin du prog conventionnel qui se mord la queue et qui occupe le haut des charts de Progarchives (je suis mauvaise langue, Nemrud occupe quand même la 22ème place à l’heure où j’écris). C’est le genre d’album qui fait ressentir pleinement à quel point le rock progressif n’est définitivement pas mort, même s’il s’inspire ici principalement du passé. Mention spéciale au batteur, Mert Alkaya, qui offre à plusieurs reprises de très belles envolées inspirées et imprévisibles.