Mes albums cultes

Une page dédiée à mes albums cultes, fétiches, indétrônables. Une sélection évidemment très personnelle, par ordre alphabétique, avec pour unique règle : Choisir un seul album par groupe (du même line up, ça permet de tricher un peu).

Astra – The Black Chord
The Black Chord est le deuxième album du groupe américain de San Diego, Astra. Leur premier album, The Weirding, m’avait déjà fait forte impression, un premier effort impressionnant mais peut-être un peu long et à la production vintage malheureusement un peu brouillonne. Avec The Black Chord, Astra répare ses erreurs en proposant un album tout aussi ambitieux mais plus court, gagnant ainsi en efficacité et une production toujours aussi vintage mais beaucoup plus précise et lumineuse. Musicalement, Astra reste dans un style très typé, un rock progressif 70’s davantage orienté ambiances planantes qu’envolées techniques. On pense souvent à Pink Floyd mais aussi à Hawkwind ou Nektar. The Black Chord est un vrai bonheur pour les amateurs de Mellotron puisque c’est certainement le clavier le plus à l’honneur ici avec les différentes sonorités classiques de l’instrument (cordes, brass, flûte, choeurs…) qui font évidemment penser à Genesis et King Crimson. Si tant est que l’on apprécie ce style, à savoir un rock progressif qui a pour unique vocation de rendre hommage à l’âge d’or du genre et faire plaisir aux nostalgiques des groupes précités, cet album est une réussite totale. Pas un seul temps mort depuis l’introduction instrumentale « Cocoon » jusqu’au climax final de l’épique « Barefoot In The Head » qui clôt l’album. Mention spéciale au titre éponyme et ses 15 minutes ambitieuses, sombres aux multiples changements qui mérite à lui seul la découverte de l’album à mon humble avis. Si vous lisez régulièrement Grooves & Memories, vous savez probablement à quel point je suis friand de ce genre de groupes qui font dans le « retro prog ». The Black Chord est certainement l’un des albums les plus réussis du genre à mon sens, c’est en tout cas l’un de mes préférés qui a très vite rejoint mes albums cultes. A ranger aux côté de Eye, Wobbler et Black Mountain…
Black Mountain – In The Future
Quatre ans après un premier album éponyme sympathique sans être transcendant, le groupe de Vancouver sort en 2008 In The Future, un deuxième album tout simplement monumental. J’en parlais récemment au sujet de Astra, j’ai une passion pour ces groupes aux sonorités vintage et dans le genre, Black Mountain fait partie de mes favoris. In The Future propose un mélange très réussi de rock psychédélique, de stoner, de space rock, de folk avec des envolées progressives jubilatoires. La face A commence avec l’entraînante « Stormy High » puis la ballade « Angels » et ses nappes de Mellotron mais les choses sérieuses commencent réellement avec l’excellente « Tyrants » et ses 8 minutes aux multiples changements et les deux voix singulières de Amber Webber et Stephen McBean qui se marient parfaitement. La face B débute avec « Wucan », un titre planant où le Mellotron de Jeremy Schmidt est encore un peu plus à l’honneur avec des arrangements du plus bel effet. Une autre ballade, « Stay Free », vient calmer un peu le jeu avant de repartir sur un fantastique « Queens Will Play » où Amber Webber chante cette fois seule dans son style bien particulier, tout en retenue et pleine de mystère. Cette face se termine avec le très rock « Evil Ways ». La face C commence avec la courte « Wild Wind » (qui évoque David Bowie), une interlude avant ce qui reste la pièce maitresse de cet album, l’aventureuse « Bright Lights » et ses 16 minutes où le groupe se lâche littéralement dans un flot de riffs fuzz vintage, d’orgue hammond et de voix psychédéliques incantatoires jusqu’à un final puissant et épique. La face D ne contient que « Night Walks », un titre atmosphérique de 4 mn qui permet de redescendre grâce à la voix magnifique de Amber Webber, une dernière fois seule au micro, et aux claviers envoutants de Jeremy Schmidt. A l’écoute de In The Future, on pense tour à tour à Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, Neil Young et bien d’autres. Je comprends que l’on puisse trouver cette volonté de faire perdurer ce son stérile voire régressive et effectivement, dans le fond, on est bien loin de l’état d’esprit progressif de départ : expérimenter, proposer une musique qui n’existe pas encore. Cet album représente un peu tout l’inverse, certes, mais l’hommage aux 70’s est tellement réussi, les arrangements tellement bien vus (notamment concernant les claviers) et l’interprétation si solide que personnellement, j’oublie vite qu’il s’agit d’un album « hommage ». Très vite même puisque In The Future est devenu un de mes albums favoris de ces quinze dernières années !
Camel – Mirage
Je vais aller droit au but, Mirage est un de mes disques préférés de rock progressif. C’est mon album favori du groupe, sans aucun doute (même s’il est suivi de près par Moonmadness ou encore The Snow Goose) mais c’est aussi beaucoup plus que cela. Je trouve que Camel réussit avec Mirage à délivrer un rock résolument progressif mais aussi très mélodique et beaucoup moins démonstratif et pompeux que bien des formations de l’époque. En ce sens, Mirage peut être un choix judicieux pour quiconque souhaiterait découvrir ce genre si riche voire dédaléen qu’est le rock progressif. Mais Mirage c’est surtout une succession d’excellents titres avec deux grosses pièces que sont la suite « Nimrodel/The Procession/The White Rider » et l’épique « Lady Fantasy », deux titres majeurs de Camel absolument incontournables. Il ne s’agit que du deuxième album des anglais mais le groupe semble déjà être au sommet de son art tant l’interprétation est impressionnante (mention spéciale à la section rythmique que je trouve excellente) et l’écriture sans faille et particulièrement efficace. Quant à Andy Latimer, il est impérial : Voix magnifique et jeu de guitare de grande classe. Je suis en pleine subjectivité évidemment puisque c’est un des guitaristes que j’admire le plus mais je trouve néanmoins qu’il reste l’un des plus sous-estimés, un peu comme Alex Lifeson de Rush, tous deux très connus et réputés dans la sphère progressive mais malheureusement dans l’ombre des plus grands s’il l’on sort de celle-ci. Album de rock progressif à mon sens incontournable, Mirage est une pépite dans la discographie du groupe (parmi d’autres !!) que j’écoute régulièrement et de manière rituelle depuis que je l’ai découverte il y a maintenant pas mal d’années et ce, avec un plaisir demeurant intact, ! Un de ces disques que j’emporte sur l’île déserte… « Once he wore grey, he fell and slipped away From everybody’s sight. The wizard of them all, came back from his fall This time wearing white ».
Deep Purple – Burn
Huitième album de Deep Purple sorti en 1974. Mon exemplaire est un repressage français de 1978. Burn marque les débuts studio de Deep Purple Mark III (1973-1975). Ian Gillan et Roger Glover ne sont plus de la partie, remplacés par l’ex Trapeze Glenn Hugues (basse et chant) et David Coverdale (chant principal). Cette formation n’aura duré que le temps de trois albums, Burn, Stormbringer et Come Taste The Band (avec Tommy Bolin qui remplacera Ritchie Blackmore sur ce dernier) mais j’avoue avoir un petit faible pour cette période du groupe. Le duo vocal Hugues/Coverdale était franchement parfait, deux voix tout à fait complémentaires et charismatiques. Quel meilleur exemple que le titre éponyme qui ouvre l’album et fonctionne à merveille ? Après un Who Do We Think We Are un peu décevant, un vent de renouveau souffle sur ce huitième album. Glenn Hugues y apporte une touche groovy (« Lay Down, Stay Down », « Might Just Take Your Life »), voire parfois même funky (l’excellente « Sail Away »), au hard rock qui tendait peut-être à devenir un peu trop prévisible. Impossible de parler de Burn sans évoquer « Mistreated », un morceau blues monstrueux mené seul au chant par un David Coverdale sans concession. Un classique du Deep Purple MkIII qui fera partie des grands moments du fameux live Made In Europe, sorti en 1976 (dont je suis absolument fan !). Un album qui marquera une légère évolution musicale dans la carrière de Deep Purple qui se poursuivra sur les deux albums suivants au grand dame des plus fervents fans du Deep Purple de Gillan. Pas évident d’explorer d’autres horizons musicaux pour des groupes aussi attendus… De mon côté, je suis ravi d’apprécier autant les différentes périodes de ces grands groupes (je pense notamment à Black Sabbath dont j’aime autant les débuts avec Ozzy que la suite avec Dio ou Tony Martin). C’est ce qui rend la carrière de ces colosses aussi passionnante, que l’on adhère musicalement ou pas, c’est une autre histoire…. Au final, Burn reste un de mes albums préférés du groupe et rejoint naturellement les albums cultes au côté de Machine Head.    
Deep Purple – Machine Head
Il y a In Rock bien sûr, monument sorti en 1970 mais il y a aussi Machine Head, l’autre grand classique du groupe version MK II (avec Ian Paice, Roger Glover, Ritchie Blackmore, Jon Lord et Ian Gillian). In Rock contient l’épique « Child In Time » qui à elle seule justifie l’album mais Machine Head n’est pas en reste. On y retrouve LE titre de Deep Purple, le fameux « Smoke On The Water » et son riff aussi simpliste que génial ou encore l’énergique et puissante « Highway Star ». Voilà pour les plus connus. On y trouve d’autres pépites, des titres plus posés et groovy comme « I’m A Leo » ou « Never Before » ou encore « Lazy » qui prend le temps de décoller. Machine Head contient également une vraie madeleine de Proust, le premier titre de Deep Purple qui m’ait réellement marqué, je devais avoir une douzaine d’années, alors que je découvrais le groupe grâce à une double compilation K7 : « A Picture Of Home ». L’intro à la batterie, la mélodie et la voix de Ian Gillan, le solo de basse… Ce morceau reste l’un de mes préférés de l’album et du groupe. La déferlante musicale « Space Truckin' » vient clore ce sixième album sur un tour de force vocal de plus plus pour Ian « le hurleur ». Difficile de choisir un album de Deep Purple à emporter sur une île déserte tant sa discographie est vaste et ses incarnations multiples. Pour la période MKII, je jette naturellement mon dévolu sur In Rock ou Machine Head. J’ai quand même une préférence pour ce dernier car la production – ronde, chaleureuse mais précise – est vraiment excellente comparée à celle de In Rock, je trouve que le groupe n’a jamais aussi bien sonné et c’est d’autant plus vrai en vinyle. Machine Head vient donc représenter fièrement Deep Purple MKII au sein de mes albums cultes ! (mon vinyle est un repressage français, numéro 2C 066-93261 mais j’ignore sa date de sortie, si quelqu’un a une idée ? Il s’agit de cette version)
Edgar Froese – Epsilon In Malaysian Pale
Si je possédais déjà quelques vinyles depuis pas mal de temps, du Marillion, du Pink Floyd, du King Crimson ou du Mike Oldfield par exemple, je crois bien que c’est à partir de cet album d’Edgar Froese que je me suis véritablement intéressé au vinyle et d’ailleurs, dans le même temps, à la musique électronique allemande, il a quelques années de ça. Pourquoi cet album en vinyle ? Tout simplement parce qu’à l’époque et sûrement par hasard, je ne le trouvais pas en CD à prix raisonnable. D’autant plus que l’album a été remixé en 2004, réédité avec une nouvelle pochette toute laide, bref le cauchemar. Le risque de le commander et de recevoir cette énorme faute de goût m’a fait opter pour la sécurité du vinyle, en l’occurence un pressage français 70’s (ici un lien intéressant sur les différentes version de la pochette). Pas des plus évidents à trouver non plus du reste, autant les albums de Tangerine Dream sont assez courants (du moins la période Virgin) que ce soit en magasin, en ligne ou en vide-greniers, même chose dans une moindre mesure pour Klaus Schulze, on tombe assez régulièrement sur Timewind ou Moondawn, mais concernant Edgar Froese en général et Epsilon In Malaysian Pale en particulier, c’est une autre histoire… Mais quoi de plus exaltant que de se mettre en quête d’un vinyle précis, d’une édition en particulier et faire preuve de patience (ou de chance!) afin d’acquérir l’album dans sa forme originale, non dénuée de défauts mais tellement plus belle d’un point de vue sonore mais aussi visuel. Musicalement, c’est sublime. Peut-être une façon intéressante, plus accessible, de découvrir la sphère Tangerine Dream pour quelqu’un qui ne connaît pas le groupe ou même le genre. C’est un album que je mets toujours en parallèle avec la bande originale du Convoi de la Peur, Sorcerer de Tangerine Dream. Je trouve l’ambiance très similaire, l’impression inquiétante de s’enfoncer dans une forêt hostile, étouffante où la nature est reine et d’embarquer dans un voyage sans retour. A noter pour les amateurs, l’abondance de Mellotron sur Epsilon In Malaysian Pale, similitude évidente et logique avec Tangerine Dream période Virgin. Cet instrument unique donne tout son charme à cette musique, renforçant les moments planants et oniriques grâce aux sons des cordes ou des flûtes et accentuant les passages inquiétants voire sinistres par le son des cuivres notamment (la tape « brass », un de ces fameux sons du Mellotron cher également à Tony Banks…). Pour résumer, j’emporte sans hésiter cet album sur une île déserte aux côtés de mes préférés de Tangerine Dream et Klaus Schulze.
Rory Gallagher – Calling Card
Il s’agit du premier album de l’irlandais que je me suis procuré, trouvé par hasard lors d’un vide-grenier pluvieux, je n’ai pas hésité une seule seconde dans la mesure où je voulais découvrir cet artiste depuis pas mal de temps! Syndrome du premier album découvert d’un artiste, Calling Card est à ce jour mon album préféré de Rory Gallagher. J’ai depuis bien entendu ajouté à ma collection plusieurs autres albums de l’artiste et si j’aime également énormément Deuce, Photo-Finish ou encore Top Priority, c’est vraiment Calling Card qui me colle à la peau! Le groove de « Do You Read Me » ou encore celui de « Moonchild » (un de mes titres préférés de sa discographie) m’éclate à chaque fois. Tant sur le plan vocal, que sur le plan guitaristique, c’est du pur bonheur. Ca envoie, ça sent le vécu et en même temps, ça groove! Vous l’aurez compris, j’emporte ce disque sur la fameuse île déserte!
Genesis – Selling England By The Pound
Un monument! Certainement l’un des meilleurs albums du groupe, il est devenu au fil des années, mon album fétiche des anglais mais également du genre musical en lui-même. Il figure depuis pas mal d’années dans mon palmares du rock progressif (et tous genres confondus d’ailleurs) et je pense pouvoir dire qu’il est est devenu indétronâble, au même titre qu’un Close To The Edge de Yes. Je ne suis pourtant pas particulièrement fan de « I Know What I Like » et « More Fool Me » mais le reste de l’album est tellement fascinant que je prends ces deux titres un peu plus conventionnels comme des pauses entre les moments les plus épiques et les plus ambitieux. Je dois avouer, et je pense qu’au départ cela joue dans l’importance que je lui accorde, avoir découvert le groupe avec cet album, emprunté à la médiathèque alors que je ne connaissais ni l’existence même du rock progressif, ni la carrière du groupe, à part évidemment à travers ses tubes 80 et 90’s. Le choc fut immédiat dès l’introduction a cappella de Peter Gabriel et ce titre d’ouverture, « Dancing With The Moonlit Knight », est devenu presque instantanément mon titre favori du groupe. Tout y est de l’introduction sublime au break puissant en passant par le passage instrumental d’une efficacité redoutable, la composition, l’interprétation, tout y est parfait pour moi, si tant est que la perfection existe… Du grand art et la porte ouverte à tout un genre d’une richesse incroyable! « Firth Of The Fifth », encore une introduction magnifique et le solo magistral de Steve Hackett, « The Battle Of Epping Forest » et Peter Gabriel au sommet et « The Cinema Show » et le solo de Tony Banks qui s’amuse avec son Arp Pro Soloist, démonstration inspirée d’une technologie encore toute récente. Bref, les mots me manquent pour décrire cet album et en même temps, je pourrais en parler des heures! J’adore également Foxtrot, The Lamb Lies Down On Broadway ou encore Nursery Cryme évidémment mais  Selling England By The Pound sera toujours un peu spécial pour moi. Au sujet de ce pressage, il s’agit d’une édition européenne datant de 1986, trouvée en vide-grenier, il est en parfait état, pochette gatefold, et l’écoute est impeccable! Je possède également un autre pressage de 1985, non gatefold. Je ne serais pas contre un pressage UK pour la collection! J’ai tendance à posséder plusieurs pressages différents pour ce genre d’albums cultes à mes yeux (enfin à mes oreilles en l’occurence). Fétichisme?
Bo Hansson – Music Inspired By Lord Of The Rings
Je suis fan de la musique de Bo Hansson et tout particulièrement de cet album, inspiré, comme son nom l’indique, du Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien. Sorti initialement en Suède en 1970 sous le nom Sagan Om Ringen, cette oeuvre est assez singulière. En général, j’aime bien faire des comparaisons avec d’autres albums, pour situer, mais j’avoue qu’avec celui-ci, la tâche est délicate. Il me rappelle un peu dans l’esprit Hergest Ridge de Mike Oldfield, ou bien certains passages du premier album d’Anthony Phillips, tout en étant très différent! L’ambiance y est unique, pastorale et évoque évidemment le Comté de la Terre du Milieu. La musique, principalement acoustique, semble venir d’un autre monde, celui de la Terre du Milieu en l’occurence, elle se fait tantôt calme et envoûtante, tantôt plus inquiétante et menaçante, retraçant fidèlement les aventures de Frodon Sacquet par delà les frontières du Comté. Un album que je trouve aussi ensorcelant que fascinant, à l’image de la pochette (et pour le coup, je préfère la pochette du pressage anglais présenté ici, sorti en 1972, à l’originale suédoise) et que je conseillerais aux amateurs de folk et du pendant acoustique du rock progressif. Définitivement un de mes albums fétiches!
Jeff Wayne – The War Of The Worlds
« No one would have believed, in the last years of the nineteenth century, that human affairs were being watched from the timeless worlds of space. » C’est sur cette mystérieuse révélation, rapportée par un journaliste interprété par Richard Burton, que débute le premier album de Jeff Wayne, The War Of The Worlds. Il s’agit d’un concept album basé sur le roman de science-fiction du même nom de H.G. Wells publié en 1898. Et quel concept-album ! L’histoire originale est évidemment une excellente base pour un tel exercice, l’idée d’une race extraterrestre hostile qui envahit la terre offrant son lot d’interrogations et de rebondissements. On retrouve tout au long de l’album la narration de Richard Burton qui permet de se plonger dans l’ambiance. Ces interventions permettent de suivre l’histoire mais peuvent aussi nuire à l’expérience si l’on est pas bilingue. Pour autant, je trouve que la diction chantante et l’accent de l’acteur font aussi le charme de cette aventure musicale. Et musicalement justement, le résultat est aussi déroutant que captivant ! Entre les parties orchestrales, les claviers vintage très à l’honneur (miam !), les rythmiques parfois disco (1978…), les soli de guitare fuzz stridents, les effets électroniques d’un autre monde (de Mars en l’occurence), Jeff Wayne met notre ouverture musicale à l’épreuve ! J’ai découvert cet album assez tardivement bizarrement et je suis tout de suite tombé sous le charme de ce grand délire musical empreint de science-fiction. Je serais curieux de savoir si cet album a inspiré à Arjen Lucassen, son projet principal Ayreon… Ils partagent beaucoup de points communs, la narration, le côté science-fiction, la construction de l’album, mais aussi un casting vocal de premier ordre. En effet, on retrouve Phil Lynott (Thin Lizzy), David Essex, Julie Covington et surtout deux de mes chanteurs favoris des 70’s, Justin Hayward (The Moody Blues) qui chante notamment sur un des plus beaux moments du disque, « Forever Autumn » et Chris Tompson (Manfred Mann’s Earth Band) sur l’excellente « Thunder Child », un bon titre pour appréhender l’album et découvrir. Un autre grand moment se trouve sur la face C avec « The Spirit Of Man » et le duo très inspiré de Phil Lynott et Julie Covington. « Brave New World », interprétée par David Essex, qui ouvre la face D est également excellente, très théâtrale et épique. Sur le fond, cette Guerre des Mondes s’est imposée au fil des écoutes comme un de mes concept albums favoris, et comme un incontournable du genre tant l’immersion est totale et la musique est passionnante. Et sur la forme ? Et bien le format tient là encore une place importante tant l’édition vinyle est superbe (ici pressage anglais de 1978 acheté chez Music Exchange). La pochette ouvrante est splendide (j’ai d’ailleurs acheté ce disque juste pour l’artwork au départ) et le livret contient des dessins magnifiques qui retranscrivent très bien l’aspect épique de la musique et de l’histoire. Pas mal de raisons donc qui font que cette extravagance musicale aventureuse fait partie de mes albums cultes !
Jethro Tull – Thick As A Brick
Encore un album emblématique, tant dans le fond que dans la forme, du rock progressif, Thick As A Brick, cinquième album de Jethro Tull, sorti en 1972. Thick As A Brick, c’est un savant mélange de sections acoustiques magnifiques et de moments plus rock, plus débridés. Le chant de Ian Anderson est sublime et je trouve qu’il démontre encore un peu plus sur cet album ses qualités d’interprète, et de compositeur évidemment. Une des autres nombreuses qualités de l’album, l’orgue Hammond de John Evan, dont je suis toujours très friand, est particulièrement à l’honneur et sonne divinement bien. Thick As A Brick reste sans aucun doute mon album préféré du groupe mais suivi quand même de très près par A Minstrel In The Gallery et Songs From The Woods. Le genre d’albums que je ne me lasserai a priori jamais d’écouter au même titre qu’un Close To The Edge de Yes ou encore un Selling England By The Pound de Genesis. Thick As A Brick est un excellent exemple de ce que peut offrir le format vinyle en terme de présentation originale. En effet, certaines éditions se déplient et forment un journal grandeur nature de 12 pages composé d’articles parsemés de références au concept de l’album. Mon édition est un troisième pressage français de 1972, label Chrysalis vert, qui diffère notamment des pressages anglais par le Jethro Tull en haut à gauche sur fond noir et non sur fond rouge.
Judas Priest ‎– Sad Wings Of Destiny
Si je suis fan de Judas Priest, c’est plus spécialement du Judas Priest des années 70. Et je pense pouvoir dire que Sad Wings Of Destiny est mon album favori de cette période, du groupe et pour aller même plus loin, un de mes albums de heavy fétiches. On sentait déjà un potentiel sur leur premier album, Rocka Rolla, mais avec ce deuxième album de 76, Judas Priest fait un bon en avant assez incroyable en sortant un de ses chefs d’oeuvres. Rob Halford est absolument impressionnant, véritable performance vocale notamment sur l’épique « Victim Of Changes » qui ouvre l’album de façon magistrale. Un de leurs meilleurs titres à mon humble avis. Ce premier titre donne le ton puisque la suite de l’album est du même acabit avec des morceaux d’une efficacité redoutable (« The Ripper », « Tyrant », « Island Of Domination ») et d’autres plus ambitieux comme « Dreamer Deceiver » ou « Genocide ». La production est certes 70’s, les amateurs de Painkiller trouveront certainement le son daté et mou, mais je trouve que c’est justement là que réside le charme de ces premiers albums de heavy metal, la puissance émanant davantage de l’interprétation et des arrangements que de la production et du nombre de pistes de guitares enregistrées. J’ignore si Sad Wings Of Destiny est un incontournable du genre, peut-être que Painkiller serait davantage considéré comme tel, ou bien encore Defenders Of The Faith (que j’adore également par ailleurs) mais au-delà du style musical, il s’agit de mon point de vue d’un album essentiel!! Bref, vous l’aurez certainement deviné, Sad Wings Of Destiny est bel et bien l’album de Judas Priest que j’emporterai sur cette chère île déserte! Mon exemplaire est le premier pressage français chez Gulp, pochette absolument sublime! (à l’inverse d’une réédition des 80’s que j’ai brièvement possédé dont l’artwork était reproduit de façon tout à fait douteuse : contrastes exagérés, couleurs qui bavent, bref d’une laideur sans nom).
King Crimson – Red
Septième album de King Crimson, sorti la même année que son prédécesseur, l’excellent Starless And Bible Black, en 1974. On y retrouve la fine équipe, Robert Fripp (guitares), John Wetton (voix, basse) et Bill Bruford (batterie) qui sévit depuis le fabuleux Lark’s Tongues In Aspic. Il s’agit de l’incarnation du Roi Pourpre que je préfère, sans nul doute et Red reste pour moi l’album définitif du groupe, son chef d’oeuvre (avec évidemment son premier album culte, In The Court Of The Crimson King de 1969). Un classique progressif intemporel qui met à peu près tout le monde d’accord. Red clôt une décennie musicale aventureuse et ambitieuse. Il faudra attendre 1981 avant que le groupe ne renaisse de ses cendres, dans une nouvelle incarnation, avec l’album Discipline. A la fois complexe et poétique, introspectif et universel, l’album atteint son point de non retour avec la sublime « Starless ». Une première partie d’une mélancolie envoûtante, magnifiée par de superbes nappes de Mellotron, qui évolue progressivement vers une seconde partie inquiétante, où la tension devient presque étouffante, pour aboutir à un final magistralement épique. Le dernier titre de King Crimson des années 70 et certainement l’un des plus poignants, peut-être même l’un des plus beaux du rock progressif. Album culte évidemment !
King Crimson ‎– In The Court Of The Crimson King
Comment faire plus emblématique que In The Court Of The Crimson King? King Crimson offre en 1969 avec ce premier disque, l’un des tous premiers albums de rock progressif, à l’influence incommensurable. Pochette emblématique également avec cette peinture d’un visage horrifié aux couleurs vives qui ne peut laisser indifférent et qui est le parfait exemple d’artwork donnant tout son sens au support vinyle. In The Court of The Crimson King est, avec Lark’s Tongues In Aspic et Red, mon album favori de King Crimson. Tout y est ou presque. La furie amère de « 21st Century Schizoid Man », les moments de grâce mélancolique de « I Talk To The Wind » et « Moonchild » (et d’expérimentations sur la fin, histoire de déstabiliser l’auditeur), le désespoir sublime de « Epitaph » et ses nappes de Mellotron magnifiques et enfin, du symphonique avec la majestueuse et lugubre, « In The Court Of The Crimson King » qui termine l’album sur une note épique avec encore une fois, l’utilisation somptueuse du Mellotron, ce qui deviendra très vite l’une des marques de fabrique du groupe. Un classique incontournable, un chef d’oeuvre à mon sens (au même titre que l’album Red, d’un style différent, servi par l’incarnation ultime du roi pourpre avec notamment la section rythmique qui tue, John Wetton et Bill Bruford). Même si les quelques divagations expérimentales peuvent déstabiliser, je trouve qu’elles font partie du charme de l’album, une oeuvre intense et troublante, aussi lumineuse que lugubre à l’image de la pochette.
Led Zeppelin – Physical Graffiti
Difficile de déterminer quel serait mon album de Led Zeppelin préféré. Le genre de questions qui pourrait occuper une discussion (de fans) pendant quelques heures… Si pas mal de titres du Zeppelin sont des standards blues ou folk réarrangés à leur sauce, peut-on utiliser ce critère comme base d’appréciation des albums ? On peut retrouver une liste des reprises ou inspirations du groupe par album sur cet article intéressant de Wikipedia. On remarque que les trois premiers albums sont ceux qui contiennent le moins de titres originaux, contrairement au IV et à Presence qui ne contiennent chacun qu’une reprise et donc Houses Of The Holy et In Through The Outdoor, les deux seuls albums qui ne contiennent aucune reprise. Qu’en est-il de ce Physical Graffiti… Quatre reprises ou titres très fortement influencés, à savoir « Custard Pie », « In My Time Of Dying », « Trample Under Me » et « Boogie With Stu ». Sur quinze titres, la proportion est plutôt raisonnables par rapport au premier album par exemple. « In My Time Of Dying » fait partie de mes titres préférés de l’album, je ne connais pas la version originale, une chanson traditionnelle gospel tombée dans le domaine public, mais la version du groupe est absolument monstrueuse. Au-delà des reprises réussies, Physical Graffiti regorge de grands moments, « The Rover », « In The Light », « Ten Years Gone », « Down By The Seaside  » (qui évoque Neil Young…), « Houses Of The Holy » et bien évidemment l’un des plus grands titres du groupe, l’épique « Kashmir » et ses neuf minutes de perfection musicale durant lesquelles le temps s’arrête. La dernière face de l’album est un peu en deçà du reste malheureusement, sauvée in extremis par « Sick Again ». Au final, il se pourrait bien que Physical Graffiti soit mon album préféré du Zeppelin ou en tout cas, en faisant preuve de pragmatisme, l’album que j’emporterais sur une île déserte puisqu’il s’agit d’un double album. Mais c’est aussi et surtout pour sa richesse et sa puissance que je le place parmi mes préférés du groupe avec le III, le IV et Houses Of The Holy. Oh, let the sun beat down upon my face With stars to fill my dreams I am a traveler of both time and space To be where I have been – Kashmir
Lynyrd Skynyrd – (Pronounced ‘Leh-‘nérd ‘Skin-‘nérd)
Premier album et premier classique du groupe américain qui popularisera le southern rock, cette musique du sud des Etats-Unis issue du rock’n’roll, de la country et du blues. Loin d’être un spécialiste en matière de southern rock, j’apprécie énormément deux de ses figures de proue : The Allman Brothers évidemment et donc Lynyrd Skynyrd, principalement ses cinq premiers albums et en particulier ce premier effort parfait de bout en bout. Huit titres composent cet album et ce ne sont pratiquement que des classiques. Je retiendrais le titre d’ouverture bien groovy « I Ain’t The One », les ballades « Tuesday’s Gone » et la superbe « Simple Man », et évidemment le tour de force final, les neuf minutes de « Free Bird ». Ce dernier morceau commence en superbe ballade mélancolique pour se métamorphoser en un brûlot rock et clore l’album sur un solo de guitare épique totalement débridé et d’une intensité rare, devenu depuis absolument culte. Un premier album sans faille, un des classiques du genre, que j’emporte sans hésiter sur la fameuse île déserte (avec le Eat A Peach des Allman Brothers).
Porcupine Tree – Lightbulb Sun
Très belle réédition de 2017 chez Kscope du septième album de Porcupine Tree, Lightbulb Bulb, sorti en 2000, pressage en 180g sur deux vinyles transparents. Pour aller droit au but, je ne trouve guère de défaut à cet album. Entre les titres efficaces et intelligemment accrocheurs que sont « Lightbulb Sun », « Four Chords That Made A Million » ou « Last Chance to Evacuate Planet Earth Before It Is Recycled », l’impression d’être hors du temps qu’offrent « How Is Your Life Today? » ou encore « Where We Would Be », les pépites pop que sont « The Rest Will Flow » et plus encore l’entêtante « Shesmovedon » et son refrain implacable, on tient là une bonne base. Mais c’est sans compter les deux pièces de résistance de l’album que sont « Hatesong » et « Russia On Ice », deux titres progressifs dans la plus pure tradition Wilson, avec cette ambiance propre à Lightbulb Sun, (que je retrouverai en partie sur Recordings), et une subtilité qui manquera un peu je trouve à des albums comme In Absentia ou Fear Of A Blank Planet (c’est très relatif !). L’album se termine sur la très intimiste et mélancolique « Feel So Low » que j’ai toujours trouvé absolument splendide, très simple et pourtant si poignante. J’ai découvert Porcupine Tree à la sortie de cet album et je l’ai adoré dès les premières secondes de l’intro acoustique de « Lightbulb Sun » jusqu’aux dernières de « Feel So Low ». Si par la suite, In Absentia et Fear Of A Blank Planet sont devenus des obsessions, je suis toujours revenu vers Lightbulb Sun avec un immense plaisir, sans jamais me lasser. Près de 20 ans plus tard, je pense pouvoir dire que c’est l’album du groupe que j’emporterais sur une île déserte. C’est celui qui m’a le plus marqué notamment par son atmosphère si spéciale, ce mélange de mélancolie, de nostalgie et d’amertume. Un favori personnel aussi, effectivement, parce que c’est le tout premier disque de Steven Wilson que j’ai écouté, le premier d’une longue série…  
Pulsar – Halloween
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, c’est album est à mon sens un chef d’oeuvre. Halloween est le troisième album du groupe français Pulsar et un disque incontournable pour quiconque apprécie un minimum le rock progressif des années 70. Un classique de la scène française. A noter pour les plus réfractaires à la langue de Molière, le chant est ici en anglais. Pour être honnête, j’ai du mal à dissocier cet album de leur précédent, « The Strands Of The Future », qui est lui aussi absolument magnifique. Je ne saurais dire lequel je préfère, les deux albums se complètent bien sachant que Halloween est certainement plus sombre, voire sinistre à l’image de l’introduction et ses choeurs qui donnent le ton et rappellent un peu l’ambiance des films d’horreur 70’s/80’s (ça m’évoque notamment l’univers des spécialistes italiens du genre, j’ai nommé Goblin). L’album se compose de deux parties, Halloween Part I et Part II et sonne globalement plus symphonique que son prédécesseur qui flirte assez souvent avec le space rock (de façon très réussie aussi). Je trouve qu’Halloween est d’une richesse assez incroyable et fascinante et malgré tout assez accessible malgré l’ambiance assez lugubre. Je pense que je choisirais cet album si je devais faire découvrir la scène progressive française des 70’s. Bien sûr il y a Magma, mais pas des plus accessibles de prime abord, il y a également Ange, fer de lance de la scène française, mais le chant en français peut constituer une barrière, paradoxalement. Ce ne sont que deux exemples de groupes progressifs français relativement connus mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, la partie la plus obscure quant à elle regorge également de pépites, très nombreuses, comme ce fabuleux Halloween!
Queensrÿche – Operation: Mindcrime
Chiné en vide-grenier, ce disque faisait partie d’un lot de vinyles heavy metal à 1€. Sans conteste une de mes trouvailles favorites de 2017, non pas pour sa rareté relative mais tout simplement parce qu’il s’agit d’un de mes albums fétiches ! Operation: Mindcrime reste un de mes albums de heavy favoris (un de mes albums favoris tout court en réalité) mais aussi un de mes concept-albums préférés, aux côtés de Brave, The Wall et Thick As A Brick. L’album est d’une efficacité redoutable et ne souffre d’aucun temps mort, ni d’aucun remplissage, tout s’enchaîne parfaitement, les effets et les interludes sont intelligemment répartis et la plupart des titres sont d’une efficacité évidente. L’introduction de l’album à elle seule est une véritable réussite, le fameux « I Remember Now » suivi de l’instrumentale « Anarchy – X » et les arrangements de cordes de Michael Kamen, magnifique et instantanément immersif. S’en suit une ribambelle de titres imparables tels que « Revolution Calling », « Operation: Mindcrime », « Spreading The Disease », « The Needle Lies ». Et mes préférés, l’épique « Suite Sister Mary » avec la chanteuse Pamela Moore en guest, « Breaking The Silence » et « Eyes Of The Stranger » qui clôt magistralement l’album. A l’écoute de ce classique, c’est évidemment Geoff Tate qui impressionne le plus. Sa performance est remarquable et il met sa tessiture vocale hors du commun au service des mélodies et de l’histoire, alternant entre les passages profonds et graves et les envolées aériennes puissantes. Il y a de ces albums qui font penser que, en toute subjectivité, la perfection existe, ces albums qui vous filent des frissons, qui vous marquent et sur lesquels vous ne pouvez vous empêcher de revenir. C’est le cas pour moi avec Operation: Mindcrime qui a depuis bien longtemps trouvé sa place au sein de mes albums cultes ! « Religion and sex are powerplays Manipulate the people for the money they pay Selling skin, selling God The numbers look the same on their credit cards Politicians say no to drugs While we pay for wars in South America » – Spreading The Disease
Supertramp – Crime Of The Century
Pressage anglais de 1974 pour ce troisième album de Supertramp, Crime Of The Century, certainement mon album préféré du groupe et l’un de mes albums favoris de cette année. L’évolution artistique entre les deux premiers albums en demi-teinte et celui-ci est impressionnante ! L’album contient plusieurs de mes titres préférés : « School », « Hide In Your Shell », « Rudy » et évidemment la magnifique « Crime Of The Century ». Troisième album, succès commercial et premier classique qui débute pendant quelques albums incontournables l’âge d’or d’un groupe au sommet de son art, un rock progressif accessible, terriblement mélodique et d’une très grande classe.
Transatlantic – SMPT:e
1999, début 2000, alors en pleine découverte de Spock’s Beard, Dream Theater, The Flower Kings et Marillion, l’annonce d’un supergroupe composé de musiciens de ces groupes, respectivement Neal Morse, Mike portnoy, Roine Stolt et Pete Trewavas, m’avait évidemment intrigué et poussé à aller acheter l’album (en CD) à sa sortie, en mars 2000. En 2017, je suis tombé sur cette réédition vinyle de 2016 à Londres, à la foire aux disques du Old Spitalfields Market, que j’ai rapporté, je l’avoue, un peu par nostalgie. Ce premier album intitulé SMPTe est principalement le fruit de l’écriture prolifique de Neal Morse et sonne donc naturellement Spock’s Beard période Day For Night/V mais la sensibilité musicale des autres musiciens apporte évidemment une touche différente. Cerise sur le gâteau, la production et les arrangements vintage (la part belle faite aux claviers, orgue Hammond, Fender Rhodes et Mellotron en tête) sont un régal ! Le premier titre « All Of The Above » est la pièce de résistance de l’album avec ses 31 minutes au compteur (qui s’étalent sur la face A et B du vinyle), dans la plus pure tradition morsienne : Introduction soignée, mélodies accrocheuses, excellents passages instrumentaux, harmonies vocales à la Spock’s Beard (comprendre à la Gentle Giant…) et final épique et grandiose. Si tant est que l’on apprécie le style de Neal Morse bien sûr, c’est du pur bonheur, l’une de ses meilleures compositions à mon sens. La face C est composée de la superbe ballade « We All Need Some Light » et d’un titre de Roine Stolt, « My New World », 16 minutes de rock progressif vintage majestueux, empreint d’une certaine nostalgie. Enfin la face D commence sur un titre plus court (pour les standards du groupe, elle fait quand même 7 mn !) et plus accessible, « Mystery Train » au refrain accrocheur. L’album se termine sur une reprise de Procol Harum, l’épique « In Held ‘Twas In I » sorti en 1968 sur leur second album, Shine On Brightly et considéré comme l’un des tous premiers titres de rock progressif à proprement parler (avec « Ars Longa Vita Brevis » de The Nice et ses 19 minutes sorti un mois auparavant). La version de Transatlantic est franchement réussie, notamment en ce qui concerne les arrangements des premiers couplets un peu différents de la version originale et les parties instrumentales. Ce premier essai, à la fois ambitieux et accessible, fonctionne à merveille et l’alchimie entre les quatre musiciens est palpable à chaque instant. A tel point que SMPT:e est devenu pour moi un classique prog des années 2000 et certainement une de mes sorties préférées impliquant Neal Morse (avec les premiers Spock’s Beard et Testimony).
Weidorje – Weidorje
Alerte album d’une autre planète! Planète située non loin d’une certaine Kobaïa… Weidorje est un groupe français de Zeuhl formé en 1976 autour de Bernard Paganotti (basse) et Patrick Gauthier (claviers), deux anciens membres du mythique Magma. Un album du genre incontournable, malheureusement seul et unique témoignage d’un groupe dont la durée de vie fut très courte puisque celui-ci se dissout dès 1979. Cette œuvre unique est d’autant plus fascinante, un coup de génie composé de trois titres qui balayent tout sur leur passage et qui ne peuvent laisser indifférent. « Elohim’s Voyage » commence doucement jusqu’à ce riff de basse typique de l’univers Zeuhl, absolument sans pitié et s’étale sur 16 minutes d’une lourdeur et d’une intensité hors normes. « Vilna » tourne davantage autour du Fender Rhodes, à la manière de Magma mais m’évoque davantage des groupes de Canterbury comme National Health ou Egg.  12 minutes virevoltantes d’une précision impressionnante et au final étourdissant. Enfin avec « Booldemug », Weidorje met fin au voyage de la même façon qu’il l’a commencé, avec véhémence et passion, à grands coups de riffs de basse saturée dévastateurs. Un voyage qui semble inexorablement sans retour. S’il fallait trouver un défaut à cet album? Trop court! 36 minutes. Mais 36 minutes infernales rondement menées et qui ne laissent absolument aucun répit. Je suis un fervent fan de l’œuvre de Magma, dans son ensemble, et j’emporterais sans hésiter MDK, Köhntarkösz ou encore Üdü Wüdü sur une île déserte, ou en l’occurence planète déserte, mais je n’oublierais pas non plus ce chef d’œuvre (allez je l’ai dit!) bouillonnant de Weidorje, digne représentant du mouvement Zeuhl. Mon édition en photo ci-dessus est un premier pressage français trouvé dans une Trocante, parmi d’autres classiques de la chanson française comme Michel Sardou ou Mireille Mathieu. Ca ne s’invente pas! Probablement ma plus chouette trouvaille de 2016!
Neil Young – Harvest
Un classique absolu ! Le genre d’album qui vous suit toute votre vie et dont vous ne vous lassez jamais. C’est en tout cas ce que je ressens pour Harvest. La discographie de Neil Young est plutôt riche et variée, on peut dire sans trop de risques que le loner a quelques pépites à son actif, ce n’est rien de le dire, je pense par exemple à After The Gold Rush, On The Beach, Tonight’s The Night ou encore Zuma, qui font partie de mes favoris indétrônables mais s’il fallait n’en choisir qu’un, ce serait sans hésiter Harvest. L’ambiance du quatrième du canadien est simplement trop parfaite à mes oreilles. La variété des titres est assez impressionnante,  entre l’intimiste « The Needle And The Damage Done » à la très symphonique « A Man Needs A Maid » ou les épiques « There’s A World » et « Words », la country rock « Are You Ready For The Country? », le classique folk rock incontournable qu’est « Heart Of Gold », les titres se suivent et ne se ressemblent pas. Mais Harvest parvient je trouve à rester homogène du début à la fin, notamment grâce à l’atmosphère chaleureuse qui s’en dégage. Les mélodies sont empreintes de nostalgie, de mélancolie parfois mais aussi d’amertume… Harvest c’est un peu le calme avant la tempête, la plongée dans les ténèbres avec la fameuse « Ditch Trilogy » qui suivra, Neil Young est alors au sommet de son art mais aussi paradoxalement (ou pas) au fond du trou… Il y a un avant et un après Harvest, ce qui en fait un album angulaire et incontournable de sa carrière. Il y aussi un avant et un après Harvest dans mon initiation musicale, d’où cette importance un peu spéciale à mes yeux… « Heart of Gold » put me in the middle of the road. Traveling there soon became a bore so I headed for the ditch – Neil Young