Le sixième album des anglais, Holidays In Eden, sort en 1991. Il s’agit du deuxième album avec l’excellent remplaçant de Fish, Steve Hogarth. Si Seasons End avait plutôt rassuré les fans de la première heure, avec Holidays In Eden, Marillion déçoit pour la première fois.
Le public juge l’album trop pop, voire commercial et se sent clairement trahi. Une situation somme toute assez banale quand un groupe tente de faire évoluer son propos ou simplement répondre à la pression d’une maison de disque (EMI en l’occurence) qui demande plus de tubes.
Certes il y a la production confiée à Christopher Neil (Céline Dion, Paul Young, A-ah), un volonté de sonner plus FM et quelques titres évidemment plus directs et accessibles comme l’excellente « Cover My Eyes », « No One Can » ou encore la très belle « Dry Land ».
« So you save up your tears
Splintering Heart
For the moments alone
‘Till the splinters you gather
Leave you glass-hard and numb
And the same sun is shining
On the old and the young
On the saints and the sinners
On the weak and the strong »
Mais Holidays In Eden, c’est surtout un des meilleurs titres de Marillion, qui plus est en ouverture, à savoir « Splintering Heart » et l’un des plus beaux solos de Steve Rothery (guitare). C’est aussi la splendide ballade, « Waiting To Happen » où Steve Hogarth s’illustre encore un peu plus ou encore « The Party » qui n’est pas sans rappeler Clutching At Straws.
Et puis il y a la trilogie finale « This Town/The Rakes Progress/100 Nights » qui clôture l’album de façon progressive et épique.
Juger Holidays In Eden comme étant de la pop commerciale n’est rien d’autre qu’un bel éloge de cette dernière mais personnellement, j’en reprendrais bien volontiers ! J’ai toujours considéré cet album comme un classique du groupe, certes un peu plus FM (comme Duke de Genesis par exemple) mais un classique quand même. 35 ans plus tard, cet album a toujours du sens et s’il propose une musique parfois plus accessible, elle est exécutée avec toujours autant de talent et d’intelligence.
Et c’est une nouvelle opportunité réussie pour Steve Hogarth, aussi charismatique que sensible, de prouver un peu plus qu’il est le chanteur de la situation, il brille véritablement au détour de chaque chanson.
Ce sixième album aura-t-il été un succès commercial ? Absolument pas. Pour autant, ce n’est certainement pas un échec artistique.
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