Nettoyer ses vinyles
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Comment nettoyer ses vinyles ?

Que l’on soit collectionneur débutant ou averti, l’univers du vinyle amènent son lot de questions qui reviennent de façon récurrente, je pense à l’une d’elles en particulier que l’on me pose régulièrement : comment nettoyer ses vinyles ? Aussi je me suis dit que j’allais écrire un billet utile pour une fois 😀 et expliquer la méthode que j’ai choisie. Car si j’ai une règle stricte, c’est bien celle-ci : pas un disque n’atterrit sur ma platine avant d’être passé par la case nettoyage.

A noter que le but est évidemment de nettoyer le disque des saletés, poussières ou tâches éventuelles (on pense notamment aux disques chinés en vide-grenier qui ont passé trente ans dans une cave malfaisante) mais également, et c’est tout aussi important, de supprimer l’électricité statique (les disques neufs passent donc aussi par la case nettoyage).

Comment nettoyer ses vinyles ?

Il existe plusieurs écoles, les trois méthodes les plus courantes sont (On mettra de côté l’art délicat du nettoyage à la colle à bois certainement très efficace mais réservé à une élite courageuse 😀 ) :

  • A la main, le disque posé à plat avec un chiffon microfibre (ou mouchoir en papier doux) et du liquide de nettoyage en effectuant des mouvements circulaires, en respectant les sillons. Une méthode courante, pour autant, je ne peux m’empêcher de penser que cette technique enfonce la crasse dans les sillons plus qu’autre chose ou bien l’étale…
  • Avec une machine à laver automatique, le grand luxe ! Pas donné sur le moment mais je pense que l’investissement sur le long terme est intéressant.
  • Avec une machine à laver mécanique, c’est la méthode qui nous intéresse ici. Bien plus efficace que la méthode du chiffon, plus fastidieuse aussi mais rien de telle que l’huile de coude pour venir à bout de la crasse ! Avec cette méthode, les sillons sont nettoyés en profondeur grâce aux brosses du bac de nettoyage et du liquide qui dissout les impuretés. Mais voyons ça de plus près…

Comment nettoyer ses vinyles ?

Matériel nécessaire

  • Mouchoirs en papier doux
  • Produit vaisselle
  • Solution de nettoyage (voir ci-dessous)
  • Machine à laver Knosti (ou autre, il existe le même genre de machine chez Spin Clean)

Solution de nettoyage

Il existe évidemment plusieurs marques de liquide de nettoyage notamment chez l’Art du Son, Okki Nokki ou encore QS Audio, je ne doute pas leur efficacité mais très sincèrement, si vous ajoutez régulièrement des disques à votre collection, et même si certains de ses produits sont réutilisables (deux ou trois fois, en les filtrant), ce n’est vraiment pas la solution la plus économique sur le long terme.

Le plus simple étant de faire sa propre mixture à partir du mélange suivant :

  • 1/3 d’alcool isopropylique
  • 2/3 d’eau déminéralisée

Le prix au litre est incomparable, surtout si vous achetez l’eau déminéralisée en bidon de 5L et l’alcool isopropylique en lot de plusieurs bouteilles (l’idée étant de réduire au maximum le prix du mélange au litre). Vous préparez votre solution dans une bouteille dédiée graduée, c’est simple, beaucoup plus économique et le résultat est tout aussi efficace. Mais rentrons maintenant dans le vif du sujet !

Etape 1 : nettoyage préliminaire

Dans un premier temps, avant de laver le disque dans son bac, il peut être intéressant de faire un premier nettoyage si le disque est vraiment sale ou poussiéreux, vinyle à plat, avec un mouchoir doux et un peu de produit afin d’enlever le plus gros de la saleté, en passant le mouchoir dans un mouvement circulaire, dans le sens des sillons et sans trop presser le mouchoir contre le disque afin de ne pas faire pénétrer la crasse dans les sillons. En général, je saute cette étape pour les disques neufs ou bien j’utilise simplement une brosse anti-statique.

Etape 2 : nettoyage dans le bac

Une fois la crasse superficielle enlevée, il faut agir en profondeur et passer le disque dans le bac de la machine. Remplir le bac de la solution nettoyante, ajouter quelques gouttes de liquide vaisselle et c’est parti ! Les brosses du bacs situés de part et d’autre du disque et la solution nettoyante vont décrasser les sillons en profondeur. Quelques tours (disons 8 à 10 suivant l’état du disque) dans les deux sens suffisent.

Etape 3 : rinçage

Une fois les disques nettoyés, il faut normalement passer au séchage comme le suggère le mode d’emploi de la Knosti et la plupart des articles sur le sujet qu’on peut trouver sur le net. Pourtant, il reste selon moi une étape essentielle : le rinçage ! Vider le bac de nettoyage, bien le rincer puis le remplir uniquement d’eau déminéralisée. Repasser les disques fraîchement nettoyés dans le bac, quelques tours dans les deux sens suffisent. Cette étape permet d’obtenir des disques vraiment propres qui ne laisseront pas de résidus (certains produits de nettoyage sont susceptibles d’en laisser) sur votre cellule. Pour avoir testé avec ou sans rinçage, c’est sans équivoque, le rinçage est indispensable !

Amélioration possible : avoir deux bacs, l’un pour nettoyer et l’autre pour rincer directement chaque disque et ainsi gagner pas mal de temps ! C’est une idée qui me titille depuis un petit moment…

Etape 4 : séchage

Le plus dur est passé ! Reste l’étape la plus longue, laisser sécher les précieuses galettes, si possible dans un endroit aéré et le plus longtemps possible (au moins quelques heures) afin que les disques soient complètement secs et l’humidité évaporée, notamment au niveau des labels. Il ne vous reste alors plus qu’à apprécier vos disques propres et flamboyants !

Etape 4 : séchage

Concernant l’inquiétude d’abîmer les labels du disque avec cette méthode de nettoyage, je n’ai personnellement jamais eu de problème. Il est certain que les labels se trouveront à un moment ou à un autre plus ou moins imbibé par le liquide de nettoyage et personne ne souhaite ruiner son Vertigo Swirl à 200€ dans le processus, n’est-ce pas ? Pas d’inquiétude, la composition du mélange est telle qu’elle ne laisse pas de trace ! La preuve en images ci-dessous, avant et après le séchage :

Précisons que tout ceci n’est que du nettoyage, dans la plupart des cas vous allez vraiment gagner en qualité d’écoute, réduire considérablement les crépitements ou autres nuisances sonores, parfois même les supprimer complètement et ainsi redécouvrir votre disque. En revanche, ça ne sauvera pas un disque rayé ou physiquement abîmée, ça c’est une autre histoire !

Un dernier point important, l’utilisation de l’eau du robinet est à proscrire tout simplement parce que c’est une eau très souvent calcaire qui laissera des résidus sur le disque, d’où l’importance d’utiliser de l’eau déminéralisée.

Voilà, j’espère que ce billet vous sera utile ! Bon nettoyage et bonne écoute !

NB : l’alcool isopropylique est un produit dangereux, je vous invite à lire la fiche complète sur ses propriétés et les précautions à prendre

Musicien derrière Spleen Arcana et féru de rock progressif, je partage ici ma passion pour la musique et pour mon support fétiche, le vinyle!

29 Commentaires

  • Sardequin

    Même machine à laver chez moi ! Pour le moment, j’utilise un mélange d’eau distillée, d’alcool modifié (à 70°, pas pris le temps de commander l’alcool isomachin sur le net) et je rajoute quelques gouttes de liquide vaisselle aussi ! En revanche, je n’ai jamais procédé à un rinçage ensuite ! Et pour le temps de séchage, en général, il fait tellement chaud dans le sud — peuchère — qu’une petite trentaine de minutes suffisent !

      • Sardequin

        Ah ben oui, il ne me viendrait pas à l’idée de les ranger encore trempés ! 😉

        N’empêche que cette machine Knosti c’est un excellent investissement ! j’avais eu la chance de la payer moitié prix sur Amazon ! Mais je viens de voir que la nouvelle génération (j’ai suivi ton lien) est bien plus couteuse et possède en plus une manivelle ! 😀 Le grand luxe !

        • Sound Chaser

          Oui exact, le modèle blanc est une amélioration (j’ai un doute quant à la solidité de cette manivelle d’ailleurs) mais notre modèle existe toujours mais son prix a pas mal augmenté, j e l’avais eu à 30 euros il y a quelques années…

  • Diablotin

    « De mon temps », c’était colle à bois et puis c’est tout 😉 Ça fonctionnait assez bien, mais c’était un peu fastidieux. Sporadiquement, mon très aimable disquaire, dont je parle un peu ici : http://latelierdediablotin.fr/WordPress3/2015/10/playlist-pour-rester-jeune/ et qui disposait d’une machine très performante -elle aspirait, lavait et séchait à basse température pour éviter que les disques gondolent- me les traitait gratuitement par lot -mon oncle était leur plus « gros client » et j’y avais donc certains « privilèges », dont celui de passer le mercredi à écouter plein de disques en cabine…-.

    Aujourd’hui, c’est beaucoup plus simple : pour les CD empruntés à la médiathèque, un petit passage sous le robinet de l’évier s’impose parfois -et, pour les récalcitrants, il faut rajouter du produit vaisselle…-. En revanche, je n’ai jamais réussi à nettoyer un •flac 😀

  • GHOZI

    BONJOUR JE POSSEDE DISCO ANTISTAT J AI NETTOYER DEUX DISQUE J AI ECOUTER LE SON A CHANGER FAUT T IL LE RINCER A d’eau déminéralisée POUR QUE LE SON REVIEN A ORIGINAL POUVEZ M AIDER MERCI

    • Sound Chaser

      Hello ! Le son a changé de quelle manière ? Il n’est pas forcément obligatoire de rincer les disques mais suivant le produit utilisé (celui fourni avec la Disco notamment), il peut y avoir comme des résidus. Personnellement, je ne me pose plus la question et rince systématiquement et les disques en ressortent impeccables 😉

        • Sardequin

          J’en ai eu l’expérience sur un album de Manset (https://www.discogs.com/fr/Gérard-Manset-Gérard-Manset/release/2654549), plutôt rare et quand il est en bon état, les prix démarrent à au moins 40€ ! J’ai payé le mien 3€ dans une convention (dans les bacs à 3€). Des collègues (chineurs et vendeurs aussi) l’avaient vu mais pas pris à cause d’un voile blanc (comme s’il y avait une pellicule dessus) sur une face ! En effet, première écoute beaucoup de crachouillis ! Je l’ai nettoyé plusieurs fois de suite, et il passe très bien ! Il y a encore quelques « artefacts », mais rien de comparable avec la première écoute ! Et comme ce n’est pas dans une optique de revente, c’est largement acceptable !

          Mais jamais je n’ai eu un problème de déformation du son après un nettoyage ! Bizarre quand même !

          • Sound Chaser

            Ah oui c’est toujours sympa de récupérer des disques comme ça, j’ai aussi souvent pris des disques délaissés en VG alors qu’ils étaient juste poussiéreux voire sales mais pas pour autant rayés ou abîmés, moi ça me va !

            @Ghozi : Pour cette histoire de déformation, je n’ai jamais rencontré le problème non plus… Ca ne serait pas une coïncidence et juste un autre problème (de bras mal réglé ou de courroie par exemple) qui survient en même temps que ton nettoyage ?

              • Sardequin

                Bonjour, Et les deux disques en question, le son est-il toujours déformé ? Parce que si c’est le cas, c’est que le problème vient des disques et pas du nettoyage !

                Petite question, c’était quoi comme disques ? Parce que il y a des albums avec la taille d’un 33T qui s’écoutent en 45T ! C’était peut-être le cas avec ces deux albums ?

  • Hypsis

    Hello, c’est étonnant que personne ici ne parle du gel cleaner. J’ai eu une knosti que j’ai revendue parce que l’idée de frotter des vinyles par des brosses qui accumulent la crasse ne m’enchantait plus du tout. J’ai eu la malchance de rayer un vinyle ainsi en le sortant du bac. Du coup je n’utilise plus que le gel cleaner. Bien sûr c’est plus cher, mais tellement efficace. ça peut paraitre rébarbatif à utiliser pour ceux qui ne jurent que par la knosti, mais c’est autrement plus probant pour enlever les saletés incrustées et même liquider les champignons qui s’installent au bout d’un moment quand un vinyle est mal stocké (cave, endroit humide…)

    • Sound Chaser

      C’est étonnant cette expérience avec la Knosti. J’ai déjà nettoyé pas mal de disques avec (plus de 2000 je pense) et je n’ai sincèrement jamais eu de problème de rayures, heureusement d’ailleurs !! Les brosses en poils de chèvre sont vraiment très douces et respectueuses du disque, c’est conçu pour, par contre je trouve que l’égouttoir n’est pas terrible et c’est peut être là qu’un risque de rayure est possible si on pose ou enlève un disque sans faire attention.

      Après cette méthode de nettoyage est surtout la plus économique je pense (dans la mesure où l’on fait soi-même son liquide de nettoyage). Car le gel cleaner c’est très bien mais je crois qu’il m’en faudrait une bouteille par semaine 😀

  • hypsis

    Les brosses sont douces effectivement, mais si une saleté solide se colle dedans, c’est le début des ennuis.
    Le gel cleaner est bien sûr plus cher. Je ne fais plus de vide-greniers. Les seuls disques que je suis amenée à nettoyer viennent de foires aux disques, donc peu. Mais je comprends que pour toi ce serait un véritable budget !! 😉

    • Sound Chaser

      Ah oui effectivement dans ce cas je comprends, je ne l’ai jamais rencontré par chance. Les brosses peuvent se changer mais je ne les jamais fait.

      Pour tout dire, j’aimerais passer à une machine, pour l’économie de liquide nettoyant bien sûr mais surtout pour l’immédiateté. Pouvoir écouter plus rapidement les derniers disques trouvés, ça me plairait bien !

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