Yes – Time And A Word

Yes - Time And A Word

DeuxiĂšme album des anglais et dĂ©jĂ  un album charniĂšre pour plusieurs raisons. L’arrivĂ©e aux manettes d’un certain Eddie Offord, qui deviendra leur ingĂ©nieur du son sur toute la pĂ©riode classique (jusqu’en 1974), c’est un premier point important.

Ensuite, Yes se plie dĂ©jĂ  Ă  l’exercice de l’orchestre (comme d’autres Ă  l’époque, les Moody Blues, Deep Purple, The Nice
 Avec plus ou moins de succĂšs), afin d’apporter la dimension symphonique dont rĂȘvent Jon Anderson et Chris Squire.

Un autre Ă©lĂ©ment important de l’album : la basse ! La Rickenbacker de Chris Squire est beaucoup plus en avant que sur le premier album et on touche du doigt le son et le style bassiste qui deviendra l’une des marques de fabrique du groupe.

Enfin, cet album marque le dĂ©part de Peter Banks, clairement en retrait sur cet album, dans l’ombre notamment des parties orchestrales.

Un album charniĂšre donc et musicalement plutĂŽt sympathique sans ĂȘtre renversant, comme avec leur premier album Ă©ponyme, on sent un potentiel instrumental mais pour le moment, l’écriture ne suit pas rĂ©ellement. Quelques moments Ă  retenir toutefois, la reprise de Richie Havens Â« No Opportunity Necessary, No Experience Needed Â» et son intro orchestrale vire-voletante, la trĂšs pop et entĂȘtante « Sweet Dreams Â» et surtout qui ouvre la face B, « The Prophet Â».

« The Prophet Â» est le seul titre de l’album co-Ă©crit par Anderson et Squire et probablement le titre le plus progressif de l’album oĂč l’orchestre fusionne avec le groupe de maniĂšre plutĂŽt rĂ©ussie (avec un bel emprunt du « Jupiter Â» de Gustav Holst). La basse de Chris Squire est une nouvelle fois trĂšs Ă  l’honneur ici avec un son assez Ă©norme !

Pour terminer, j’évoquerais l’autre pĂ©pite progressive de l’album, peut-ĂȘtre mon titre prĂ©fĂ©rĂ© de ce second effort : « Astral Traveller Â». La cohĂ©sion du groupe est ici Ă  son apogĂ©e, chaque musicien a l’opportunitĂ© de s’exprimer (avec un des rares solo de guitare de Peter Banks) et un brin de folie souffle pendant quelques minutes, laissant entrevoir un futur assez proche


L’album se termine par l’un des deux singles (l’autre Ă©tant « Sweet Dreams Â»), la somme toute assez miĂšvre mais non dĂ©plaisante « Time And A Word Â» qui a la fĂącheuse tendance Ă  rester dans la tĂȘte !

Time And Word n’est pas forcĂ©ment meilleur que son prĂ©dĂ©cesseur mais certainement un peu plus abouti et progressif. Le son du groupe s’étoffe et sa vision artistique ambitieuse devient un brin plus perceptible. Yes est bel et bien sur le point de transformer l’essai



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