Jâai longtemps nĂ©gligĂ© la musique de Dan Ar Bras, tout comme celle dâAlan Stivell dâailleurs, pour des raisons un peu floues, des prĂ©jugĂ©s peut-ĂȘtre. Alors que jâaffectionne Ă©normĂ©ment la musique celtique, je dois avouer que ces artistes ont longtemps Ă©tĂ© pour moi les reprĂ©sentants du penchant commercial de ce style.
Câest avec le premier album de Dan Ar Bras, le magnifique Douar Nevez, que mon opinion a Ă©voluĂ©, je me suis ensuite vite pris de passion par la musique de lâartiste breton et plus spĂ©cialement par ses premiers disques jusquâen 1988.
Allez Dire A La Ville est un album superbe, un mĂ©lange des genres trĂšs rĂ©ussi, avec comme base Ă lâensemble, la musique celtique Ă©videmment. En ce sens, on peut parler je pense de dĂ©marche progressive. Entre le rock du titre Ă©ponyme dâouverture, suivi de la « Suite Ecossaise » on ne peut plus explicite dans son titre, la ballade au piano somptueuse quâest « LâAmour Kerne », lâinstrumental fusion « Les Oiseaux Et Les Electrons De Brenilis » et cette basse bouillante de Guy Delacroix (oui oui le Guy Delacroix du Attahk de Magma !) ou encore la sublime « Toi, Fils De Roi, Fils De Rien » (avec Ă la basse, encore un ancien KobaĂŻen, Francis Moze), Dan Ar Bras nous offre un voyage musical variĂ©, poĂ©tique et dâune beautĂ© rare, et tout ceci sur la face A !
« Allez dire à la ville
Allez Dire Ă la Ville
que je ne reviendrai pas
dans mes racines je demeure
Allez dire Ă la ville quâĂ RaguĂ©nuĂšs et Kersidan
la mer conteste la rive »
La face B ne déçoit pas non plus. La cornemuse retentit pour une ballade celtique typique avec « Farewell Bob Brown », sâen suit le rock groovy de « Requiem Pour Le Jet » puis « Les Saisons », titre folk chargĂ© en nostalgie qui rĂ©vĂšle un peu plus la beautĂ© de la voix de Dan Ar Bras, chaleureuse et profonde (Douar Nevez, son premier album, Ă©tait instrumental). Sur lâinstrumental « LâAmour, Le NuclĂ©aire Et Le CrĂ©puscule », la guitare dialogue avec les claviers dâun certain BenoĂźt Widemann (⊠également un ancien dâun certain groupe de Zeuhl, oui encoreâŠ) et enfin lâalbum se termine sur les arpĂšges dĂ©licats de « Plainte De Yann Vari Perrot ».
Allez Dire A La Ville est le digne successeur, mĂȘme si quelque peu diffĂ©rent, de Douar Nevez, mĂȘlant rock, folk et musique celtique avec talent. Dan Ar Bras rĂ©ussit Ă adapter de façon somptueuse les textes magnifiques du poĂšte breton Xavier Grall, Ă©voquant nostalgie, mĂ©lancolie, amour de la nature mais aussi rĂ©volte et rage. Vraiment un trĂšs bel album !

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